L’audacieuse du mois de mars: Karen Capo-Chichi de « CAPONFOOD »

« Il faudrait que chaque pays arrive à promouvoir les produits de son terroir et que nous nous unissons pour standardiser, valoriser notre héritage culinaire et ceci est un travail de fond ».

Qui est l’audacieuse du mois de Mars? Karen Capo-Chichi, une béninoise qui vit depuis 11 ans à Montréal. Chef de cuisine, CEO de CAPONFOOD, une entreprise basée dans cette même ville du Canada, spécialisée dans l’art culinaire et la gastronomie africaine. Je l’ai remarquée sur Facebook à travers ses vidéos, ses photos de plats plus alléchants les uns que les autres. Le tout présenté avec une grande précision et une telle finesse, que je l’ai contactée pour une entrevue pour le club des audacieux dans la rubrique « Audacieux du mois ».

J’ai été marquée par son offre diversifiée, de l’entrée au dessert, du petit déjeuner au dîner, sans oublier le goûter. Ses idées sont très innovantes; par exemple, son offre de Noël et dernièrement, la Cupidon en boîte pour la saint Valentin. Elle a officialisé la création de son entreprise Caponfood en Juin 2017 et elle y est active à temps plein depuis seulement août 2017. En si peu de temps elle a su se faire connaître et entraîner un bon nombre de followers qui la suivent sur ses différents réseaux; qui partagent ses publications, et qu’elle a réussi à fidéliser au travers de ses recettes. Elle a toujours su concilier sa vie estudiantine et sa vie professionnelle. De ce fait elle s’est découvert très tôt un profil entrepreneurial que beaucoup de jeunes de son âge n’ont pas encore réussi à développer, ce qui l’a conduit à identifier sa passion et à sauter le pas. Pour se lancer elle s’est formée: à l’entrepreneuriat, elle a fait des stages culinaires, elle a pris des cours. Aujourd’hui elle est donc chef de sa propre entreprise Caponfood qui pour moi peut s’enorgueillir de l’appellation de gastronomie benininoise, pour le plus grand plaisir de ses clients sur la plate forme https://caponfood.com/.

Caponfood se veut promouvoir la cuisine Africaine en général certes, mais dans un premier temps la cuisine béninoise. En effet on trouve sur cette plate forme tous les plats du Bénin, qu’on ne retrouve pas dans les restaurants africains en général.

petit dejeuner caponfood leclub des audacieux

Plat: bouillie aklui et beignets

Entre les livraisons à domicile, les commandes liées au service traiteur et le service Chef à domicile, comment fait-elle pour avoir autant de motivation et d’idées chaque jour?

Le club des audacieux: Quel est ton parcours ?

Karen Capo- Chichi: Mon parcours est assez atypique. Je suis arrivée A Montréal en Septembre 2007 pour poursuivre mes études universitaires en Administration des affaires. J’ai eu la chance d’avoir pu très tôt concilier étude et travail si bien que même avant la fin de mes études universitaires je travaillais déjà dans le domaine des affaires. Cela m’a aidé à me découvrir et à bâtir mon profil d’entrepreneure. Les horaires de bureau, et la routine étant salariée, n’étaient pas faits pour moi. J’ai longtemps cherché ce qui me passionnait, au final c’était une évidence. Quand on est jeune, toutes les occasions sont bonnes pour faire la fête, alors les « chillings » entre amis le vendredi soir ou les brunchs improvisés du dimanche ont largement contribué à développer ma créativité.

Plat: Gari foto.

Le CA: Qu’est ce que tu faisais avant Caponfood?

KC : J’étais gestionnaire de compte au sein d’une entreprise canadienne spécialiste dans les solutions santé via les technologies de pointe.

Le CA: Dis m’en plus sur tes débuts:

KC: Annoncer à ma famille que j’allais faire la cuisine à vie était un coup pour eux. Ils m’ont tout de même soutenu et aujourd’hui ce sont mes plus grands supporteurs. A mes débuts, il fallait que je me fasse une place, que j’inspire du respect et que ce métier soit valorisé. En Janvier 2014 je me suis donc inscrite en cours de cuisine, à l’école de cuisine de Jacques Rousseau à Longueuil toujours dans la province du Quebec. J’étais au bureau de 6:30AM à 14hAM (sans pause), et en cours de cuisine de 15h à 22h du lundi au vendredi. Un an et demi après j’étais diplômée et je pointais au chômage. En partenariat avec l’école et un organisme gouvernemental j’ai été en Italie pour un stage de 3 semaines. Après mon stage j’ai eu la chance de travailler au national et à l’international. Ma dernière activité hors pays a été sur les îles turquoises au club med; après un passage dans la cuisine du chef Ricardo et de Jérôme Ferrer (très court ). Une succession d’expériences qui furent mon armure pour me lancer à mon compte. J’ai complété mon bagage avec une formation en lancement d’entreprise de la restauration et je me suis jetée à l’eau.

Le CA: Est-ce que tu as toujours été passionnée de cuisine ?

KC: Oh Oui ! Tout ça me paraît si évident aujourd’hui. Souvent je me demande «Pourquoi n’ai-je pas commence plus tôt ? » Mais je ne me sens pas pour autant en retard sur le projet et c’est cela qui fait encore plus briller mes yeux .

le club des audacieux

Plat: riz au gras légumes et poulet braisé.

Le CA:Quel est ton plat préféré et celui que tu maitrises le mieux ?

KC: C’est difficile de faire un choix. Personnellement je mange de tout tant que c’est bien préparé (sourire). J’aime la découverte culinaire alors je ne suis pas compliquée. Ceci dit, la confection de sauces est ma force et le MAN TINDJAN est aujourd’hui le plat qui se vend le mieux, des feuilles d’épinards cuites dans une sauce sésame légèrement épicée, garnie de WAGACHI (un fromage peuhl à pâte molle), de la dinde ou du poisson fumé, du Crabe etc. Ce mélange de textures et de saveurs, (le tout sans bouillon déshydraté, et autres rehausseurs de goût) c’est un DÉLICE !. Je travaille toujours sur ma carte de dessert mais en attendant mon dêguè(yaourt au mil) ne laisse personne indifférent.

man le club des audacieuxjpg

Plat: Man tindjan et telibo(pâte)

Le CA: Qu’est ce qui t’inspire pour tes idées :

KC: Mon enfance; Toutes ces épices, toutes ces saveurs qui ont marqué mes papilles dès le bas âge. Ma mère: la meilleure cuisinière, je ne saurai vous expliquer; autant sur sa technique, sa rapidité et le goût de ses recettes. J’ai tellement appris d’elle. Mes pélérinages culinaires: chaque année je prends le temps de décrocher de ma bulle et de partir à la découverte de nouvelles saveurs à travers différents périples. Pour l’instant j’ai eu le plaisir de visiter le Nigeria, la Tanzanie, le Kenya, le Bénin bien évidemment, puisqu’il s’agit de mon pays d’origine, l’Italie, la France, le Sénégal, les îles turquoises. Mon humeur: oui ça aussi ça compte pour l’inspiration. Je me lève et Abracadabra(Sourire).

Plat: eba rouge

Le CA: Quelle est ta cible?

KC: Disons que j’y vais par étape. Aujourd’hui je veux en premier lieu faire découvrir ou redécouvrir les saveurs africaines aux africains eux mêmes. Mon objectif pour CAPONFOOD est de démocratiser notre gastronomie en général. Je ne veux pas juste vendre des repas à une clientèle cible. Pour avoir goûté les cuisines classées meilleures au monde, je suis convaincue qu’il y a eu erreur dans le classement. Nous n’arrivons pas nous mêmes à mettre nos produits en valeur. Nous banalisons notre richesse culinaire et la diversité de nos saveurs. Nos restaurateurs se retrouvent tous à vendre les mêmes plats et cela n’aide pas notre cause. Il faudrait que chaque pays arrive à promouvoir les produits de son terroir et que nous nous unissons pour standardiser, valoriser notre héritage culinaire et ceci est un travail de fond.

Le CA: Quand tu ne cuisines pas que fais-tu de ton temps libre ?

KC: Je dors (Sourire). Il faut dire qu’aujourd’hui je gère à 80% toutes les branches de CAPONFOOD: Le traiteur, les commandes, les consultations, les produits de vente au détail, les cours, le chef à domicile ), et même si certains secteurs comme la communication, la fiscalité et la gestion sont gérés par une tierce personne, je reste quand même en tous temps en contact avec eux et je n’ai qu’une journée de repos. Alors OUI Madame, le dimanche après mon tête à tête avec mon DIEU, je m’enferme chez moi, et je dors. Surtout maintenant que j’ai découvert le renvoi d’appel (rires).

Le CA: Est-ce que tu as des passions autres que la cuisine ?

KC: Manger c’est une passion aussi ? (Sourire) Sinon je suis très manuelle, même si ça fait un bout de temps que je n’en ai pas fait, j’aime la peinture . D’ailleurs quand je dresse une assiette je l’imagine toujours comme une peinture à l’huile.

Le CA: Comment tu te vois dans 10 ans et plus ?

KC? Fidèle au poste ! ici, Là, Là-bas… Un peu partout à égayer des papilles à travers ma cuisine, à faire découvrir la gastronomie de tout un continent toujours par différents projets et collaborations.

Le CA: Quels conseils tu donnerais à quelqu’un qui a envie comme toi d’entreprendre en général et plus précisément dans le domaine de la restauration?

KC: Des conseils, en voici quelques uns:

  • On ne se lance pas en entrepreneuriat pour devenir riche mais pour répondre à un besoin. Identifiez le « besoin » et faites un plan d’affaires solide.
  • Il ne suffit pas de savoir cuisiner pour se lancer. Assurez vous d’être outillé : des formations, des ateliers, des conférences culinaires ou sur l entrepreneunariat, sans oublier le réseautage.
  • Tout le monde vous souhaitera bonne chance dans vos projets mais entourez vous surtout de ceux qui vous soutiendront et seront prêts à s’investir pour votre réussite.
  • Tenez bon. Vous comprendrez très vite qu’en entrepreneunariat, que ça soit en cuisine ou n’importe quel autre domaine, il y a des hauts et des bas. Des remises en questions, vous toucherez souvent le fond mais restez motivés. Dans ces moments là revoyez les 3 autres points et vous verrez la lumière.

Le CA: Qu’est ce qui te motive au quotidien et qui te permet de ne jamais abandonner ?

KC: Ma foi, tout ce que je suis je le doit au très haut. Ça peut paraître bizarre pour certains mais c’est MA VÉRITÉ !

Plat: Pepper soup crabes poissons

Comment la contacter :

Internet: https://caponfood.com/

Facebook : karen capo-chichi / https://www.facebook.com/caponfood

Snapchat : chefkaren

Instagram: caponfood

Je salue ta volonté de mieux faire connaître la cuisine de chez toi et te souhaite une pleine réussite dans tes projets.

Elsie.

3 commentaires sur “L’audacieuse du mois de mars: Karen Capo-Chichi de « CAPONFOOD »

Ajouter un commentaire

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :